Chroniqueur gastronomique Philippe Mollé  Delhi, le sari de la joie! 

 

Article écrit par le chroniqueur gastronomique Philippe Mollé

Cette deuxième ville de l’Inde, que l’on nomme aussi New Delhi, fait officiellement partie des sept territoires de l’Inde et compte environ 17 millions d’habitants. Imposante et très étendue, la ville bourdonne nuit et jour et semble ne jamais dormir.

Ashima et Pasha m’attendaient, revêtus des saris traditionnels et chargés de bouquets de fleurs odoriférantes. Je venais à peine de débarquer de l’avion à l’aéroport Indira Gandhi que déjà la chaleur d’avril m’accablait: l’air climatisé me serait très agréable durant mon séjour! Ashima devina mon inquiétude et me rassura en m’assurant que la mousson était passée et que les maladies comme la dengue (ça se prononce dingue) ou le paludisme ne pouvaient plus nous atteindre.

Les longues heures de fatigue marquaient mon visage et le sommeil à l’hôtel Hyatt Regency allait me remettre sur pied. La journée du lendemain s’annonçait chargée de visites et de découvertes que mes hôtes souhaitaient me faire apprécier.  

 

Sensations épicées

Une odeur d’épices titillait mes narines et en entrant dans le salon Gandhi de l’hôtel, je vis qu’une multitude de plats de différentes compositions trônaient sur le buffet comme des militaires en parade. Le dalh, la soupe aux lentilles, les pains naan plaqués dans le four tandour, les légumes au cari, le poulet au beurre se présentaient devant moi comme autant de tentations bénies du petit matin. Finalement, mon choix en ce premier matin se porta sur quelques toasts très « british » et sur un très bon thé noir Selimbong (la région est appelée Silbong par les habitants du coin) issu des plateaux de l’Himalaya.  

Pasha m’attendait près de l’entrée de l’hôtel pour me faire découvrir quelques-uns des monuments célèbres; au hasard des rues, les vaches sacrées pilaient quelques étals de salade sans que les commerçants ne s’insurgent devant leur appétit. La circulation à Delhi est tumultueuse et les chauffeurs de tout ce qui roule usent abondamment du klaxon, ce qui semble pour nous, Occidentaux, d’une inefficacité exemplaire.

 

La ville se partage entre le Old Delhi et le New Delhi. C’est à New Delhi que se retrouvent les ambassades, les belles maisons et les boutiques de luxe. Pasha indiqua au chauffeur une route qui nous permit de rejoindre le Qutub Minar, qui est, me fit savoir Pasha, une visite incontournable de la ville. Il s’agit d’un minaret haut de 72 mètres et vieux de huit siècles. Malgré les innombrables séismes et secousses, la tour commémore encore la victoire de Mohammed de Ghor sur le souverain hindou Prithviraj III en 1192.

Puis, plus tard, à l’opposé de la ville, il m’emmena voir la Grande Mosquée Jama Masjid qui se trouve au centre de souks et de bazars où l’on retrouve autant des objets d’art que des babioles de toutes sortes dont les touristes raffolent. Tout autour, dans les petites rues avoisinantes proches de la mosquée, des vendeurs ambulants offrent des plats à base de riz, de poisson, ou encore de légumes que l’on accompagne de chai. Des étalages multicolores de légumes ou de fruits viennent teinter le paysage et apportent de la gaîté dans la rue. Tant dans le Vieux Delhi que dans le Nouveau Delhi, les monuments à visiter sont nombreux. Par contre, il faut savoir que tous les visiteurs doivent payer des droits d’entrée pour visiter ces lieux uniques. 

La soirée bien avancée, Ashima et Pasha souhaitèrent m’inviter pour me faire découvrir un repas végétarien concocté pour moi par Ashima et sa mère. Pendant que nous prenions le thé, Pasha me dressa un portrait des moyens de transport dans Delhi qui m’incita fortement à favoriser les nombreux transports en commun, et plus précisément le métro qui fonctionne relativement bien, plutôt que la voiture.

Les légumes recouverts d’épices, de grains de sésame, d’herbes aromatiques se conjuguaient avec le riz basmati, et les divers bouillons de poisson ou de volaille qui venaient humecter le tout.

La soirée était douce et les jardins de Pasha et Ashima laissaient s’échapper des odeurs de jasmin, de rosiers en fleurs qui n’en finissaient plus d’embaumer le paysage. Mes hôtes me gardèrent pour la nuit car le lendemain était déjà proche.

 

Cette nouvelle journée se présentait sous un ciel couvert qui allait contribuer à faire légèrement baisser la température de 32 degrés à 28 degrés. Notre journée était dédiée à la visite de plusieurs temples mais avant cela un court séjour au jardin Lodi Garden me permit d’admirer le tombeau de Sikandar Lodi. Des plantes rares, des palmiers et des roseaux du Nil, quelques cactus en fleurs viennent égayer le vert des grandes fougères. Un environnement qui permet, dans la grande ville, sur les bancs de pierre disposés ici et là, le repos instantané. Près du splendide Hôtel Impérial (à visiter d’ailleurs) sur l’avenue Jan Path, se trouve l’incontournable marché tibétain, (Tibetan Market) où l’on retrouve souvent les mêmes produits à divers prix qu’il faut néanmoins négocier. 

Le Craft Museum, par contre, est une boutique d’État où les prix sont non négociables et qui permet d’acheter des soieries, des marionnettes ou des poupées de papier mâché. Le temple du Lotus, le temple de Biria, le Raj Ghat, ou encore le Tibet House méritent une journée de visite si on veut comprendre la culture indienne.

De magnifiques saris brodés de fil d’or et d’argent qu’un couple négociait en vue de leur mariage attiraient mon regard. Finalement, je repartis avec quelques étoffes de coton et de soies qui allaient devenir de précieux cadeaux au retour. 

Après quelques jours passés en compagnie de mes hôtes, il me fallait prendre congé et songer au retour. Après une visite beaucoup trop courte à Delhi, je repartis les bras chargés de cadeaux et de souvenirs. Le grand oiseau de SWISS m’attendait et allait me permettre durant plusieurs heures de revivre une toute petite partie de cette Inde mystérieuse. J’avais découvert les saris de la joie!